Faits divers : Un fou casseur de vitres
Il était un peu plus de sept heures du matin quand le calme de la rue 232 de Sokorodji, un quartier de la Commune VI de Bamako, a volé en éclats.
Un homme, l’air hagard, tournait depuis un moment autour des voitures stationnées le long de la rue. Certains passants l’avaient remarqué, sans trop y prêter attention. Puis, soudain, un bruit sec a retenti : crac ! La vitre d’une petite voiture venait de se briser sous un jet de pierre.
L’homme, répondant au nom de Djo et connu dans le quartier pour être un malade mental, un « déséquilibré », semblait trouver un plaisir étrange à répéter son geste. Une voiture, deux, trois… Les pierres fusaient comme des éclairs.
Mais c’est lorsqu’il s’en est pris à un gros 4x4 noir, stationné juste à côté de lui, qu’il a visiblement compris la gravité de son acte.
Le propriétaire du véhicule, un homme trapu d’une quarantaine d’années, venait tout juste de sortir d’un commerce. En voyant la vitre arrière de son 4x4 voler en éclats, il n’a pas réfléchi longtemps. Il a foncé sur Djo, le casseur de vitres, l’a attrapé par le col et, dans un accès de colère, lui a asséné plusieurs coups.
Djo a fini par se dégager et s’est enfui à toutes jambes, disparaissant entre les voitures. Le conducteur du 4x4 s’est lancé à sa poursuite jusque derrière l’école privée où habitent les parents de Djo.
Lorsque ces derniers sont intervenus, il ne restait plus que des morceaux de verre sur le bitume, et le conducteur, encore furieux, exigeait d’être dédommagé.
Personne ne sait ce qui a poussé Djo, pourtant habituellement calme, à s’en prendre ainsi aux véhicules. Mais une chose est sûre : ce jour-là, il a appris à ses dépens qu’on ne lance pas de pierres sur n’importe quel pare-brise.
Bintou Diarra