samedi 21 février 2026
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Ty Chérie, après le meeting de la diaspora malienne à Paris : « Le dialogue est la seule issue à la crise »

Par Le Challenger 1,211 vues
Ty Chérie, après le meeting de la diaspora malienne à Paris : « Le dialogue est la seule issue à la crise »

Mme Tiguida Diagouraga dite Ty Chérie est la Présidente de l’Association Faso Baara Ton et la porte-parole du Front pour la paix au Mali. Dans cet entretien, elle réitère son appel au dialogue et à l’union des Maliens comme la solution indiquée aux crises qui ébranlent notre pays.

Le Challenger : vous êtes l’une des organisatrices du meeting tenu, le samedi 1er novembre, à Paris par la diaspora malienne sur la situation au Mali. Quels sont vos objectifs à travers cette initiative ?

Ty Chérie : je remercie le journal ‘’Le Challenger’’ de m’avoir donné cette opportunité de m’exprimer. Comme on le dit, « la presse est l’un des piliers et le véritable symbole de la démocratie ». Cela n’est un secret pour personne : ça ne va pas au Mali. Face à la crise qui l’ébranle, notre patrie a besoin de toutes ses filles et de tous ses fils. C’est dans ce but que nous avons organisé ce meeting sur la paix et la réconciliation, pour qu’ensemble, c’est-à-dire les Maliens de tout bord, nous puissions trouver des solutions aux difficultés que nous connaissons actuellement.

Dans vos multiples interventions, vous insistez sur la nécessité de recourir au dialogue pour résoudre la crise qui secoue le Mali. Pourquoi privilégiez- vous tant le dialogue ?

Il n’y a pas de vainqueur dans une guerre. Les conséquences sont ruineuses pour tous les belligérants. Les armes, bien qu’elles soient l’œuvre de l’intelligence humaine, n’ont jamais mis fin à un conflit. On a toujours fait recours au dialogue pour les faire taire. Et le Mali qui n’a obtenu son indépendance que par la diplomatie, a besoin du dialogue pour résoudre cette crise. C’est ce que nous prônons depuis longtemps.

Dans l’histoire, aucun pays n’a pu vaincre ni le djihadisme ni le terrorisme. Le cas le plus illustratif est l’échec des puissances comme la Russie et l’Otan en Afghanistan. La Russie a échoué avec plus de 100 mille hommes en Afghanistan. L’Otan, qui comprend des grandes puissances comme les Usa, la France, l’Angleterre réunis, a aussi échoué. Cela montre à quel point il est difficile de venir à bout du djihadisme qui est différent du terrorisme.

Au Mali, nous avons reproché aux régimes déchus d’ATT et d’IBK leur manque de résultat dans la lutte contre le terrorisme. Les femmes des militaires sont montées à Koulouba pour accuser ATT de ne pas suffisamment équiper l’armée malienne. Mais actuellement, nous avons compris que les armes ne sont pas la seule solution. Plus on en achète, plus la situation s’aggrave, plus on en achète plus le pays sombre.

Aucune guerre n’est profitable à un pays opposé à un autre, à plus forte raison aux fils d’un même pays. Que ce soit Iyad, que ce soient les rebelles. Ils sont avant tout des Maliens. Voilà pourquoi nous prônons le dialogue depuis longtemps.

Je m’inquiète que le Mali ne devienne comme la Lybie, le Soudan ou l’Afghanistan. Car en réalité, ce sont les puissances qui se cachent derrière des groupes armés pour détruire le pays, pour leurs propres intérêts. Et nous devons nous rappeler que ces puissances n’ont jamais gagné une guerre contre le djihadisme, le terrorisme. En revanche, elles laissent toujours le chaos derrière.

Pour toutes ces raisons, le dialogue reste à nos yeux la seule issue à cette crise avant que ce ne soit trop tard. Et c’est le moment ou jamais.

Selon vous, quelle est la différence entre djihadiste et terroriste ?

Un djihadiste adhère à une idéologie islamique extrémiste qui prône la lutte armée (djihad) pour défendre ou promouvoir l'islam. Les djihadistes peuvent cibler des non-musulmans, des musulmans modérés ou des gouvernements qu'ils considèrent comme corrompus ou impies. Leur objectif est souvent de créer un État islamique ou d’instaurer la loi islamique (charia).

Un terroriste est un individu ou un groupe qui utilise la violence, l'intimidation ou la peur pour atteindre des objectifs politiques, idéologiques ou sociaux. Les terroristes peuvent cibler des civils, des militaires ou des infrastructures pour créer un climat de peur et de désordre. Leurs motivations peuvent être variées, allant de la politique à la religion en passant par l'idéologie. Les différences clés se trouvent à trois (3) niveaux.

  1. La motivation : les djihadistes sont motivés par une idéologie islamique extrémiste, tandis que les terroristes peuvent avoir des motivations diverses.
  2. Les objectifs : les djihadistes cherchent souvent à créer un État islamique ou à promouvoir l'islam, tandis que les terroristes peuvent viser à atteindre des objectifs politiques, économiques ou sociaux spécifiques.
  3. Les méthodes : les deux groupes peuvent utiliser la violence et l'intimidation, mais les djihadistes justifient souvent leurs actions en termes de doctrine islamique.

L’un de vos vœux est le retour de l’Imam Mahmoud Dicko. Expliquez-nous comment l’Imam Dicko peut contribuer au retour de la paix et à la réconciliation entre Maliens.

Je choisis Mahmoud Dicko par conviction pour conduire ce dialogue. Je vous rappelle que j’ai eu à le combattre dans le passé. Il est le mieux placé pour jouer un rôle crucial dans la gestion de cette crise. Il a réussi à obtenir par le passé la libération de nos frères militaires et civils pris en otages. En plus d’être le Président d’honneur du Haut Conseil Islamique du Mali, il est le seul Africain membre permanent de la Ligue Islamique Mondiale. Ce qui n’est pas donné à tout le monde. 

En Afrique, les gens se trompent. Vous pouvez être nommés au même poste sans avoir les mêmes capacités à gérer ou à réussir les mêmes missions. Être leader, c’est avoir la capacité d’anticiper les problèmes. Mahmoud Dicko a ces qualités dont nous devons profiter. Il peut aider le Mali dans  plusieurs domaines, principalement sécuritaire, économique et humanitaire.

Il a eu à faciliter l’obtention des financements auprès de la Banque islamique de développement pour l’achat des équipements militaires et la construction des centrales électriques.

Aujourd’hui, le Mali est au bord de la ruine. La pénurie de carburant et la crise de l’électricité qui frappent le pays ont mis des milliers de personnes en chômage. Les familles vivent dans une précarité extrême, la famine gagne du terrain…

Cela est triste dans la mesure où nous avons un homme capable de régler beaucoup de ces difficultés par le dialogue. Mahmoud Dicko peut nous aider à lever le blocus des djihadistes sur le carburant.

Grâce à son intelligence et son expérience, l’Imam Dicko peut non seulement mettre fin à ce conflit mais aussi contribuer à rétablir nos relations avec les pays voisins.

Que préconisez-vous aux autorités de la transition pour instaurer ce dialogue tant indispensable pour sauver le pays ?

Je propose un compromis. Les rebelles sont des Maliens. Les Djihadistes sont des Maliens. On peut faire un compromis entre nous parce que les armes n’apportent rien. On peut prendre un peu chez tout le monde pour faire taire les armes. Ce compromis, on peut l’avoir avec Mahmoud Dicko. Il faut obligatoirement ce dialogue et ce compromis. Le Mali a la chance d’éviter ce chaos.

Avez-vous un message particulier à l’endroit du Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta ?

Vous savez, au fond de moi, Assimi Goïta est comme un frère. En tant que sœur, je lui dis qu’il peut encore rentrer dans l’histoire. Il peut éviter le chaos. Pour cela, il doit écouter les gens, chercher à réconcilier les Maliens, rétablir la confiance… S’il m’écoute, je lui dis qu’il a encore de la chance pour libérer les prisonniers politiques, civils et militaires ; appeler tous ceux qui sont hors du Mali à cause de leur opinion….

Le monde rend hommage à Modibo Kéita, le père fondateur du Mali, victime d’un coup d’Etat injuste. Parce qu’il a servi ce pays avec honneur et dignité. C’est ce que je souhaite à Assimi en lui demandant de rentrer dans l’histoire avant qu’il ne soit trop tard. Que Dieu préserve le Mali !

En ces moments d’inquiétudes et d’interrogations, quel est votre appel à l’endroit du peuple malien ?

J’appelle le peuple malien à se mobiliser pour le dialogue. Un dialogue entre braves Maliens. Un dialogue franc et sincère. Pas un dialogue politique. Il est temps qu’on se pardonne pour sauver ce pays. Il faut mettre le Mali au-dessus de tout. On doit faire cette mobilisation pour faire la paix avec nos voisins, la paix avec nous-mêmes.  

Après ce meeting, avez-vous un autre projet ?

Nous avons en projet l’organisation d’un débat sur l’importance d’entretenir des bons rapports avec nos voisins, notamment l’Algérie, la Côte d’Ivoire et la Mauritanie. 

Propos recueillis par Chiaka Doumbia 

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Commentaires (2)

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F
Fatim il y a 3 mois

Quelle lecon cette apatride Ty cherie va vouloir donner aux Mali? Elle et les autres racailles de Paris n'ont qu'a aller se faire froutre. Nous n'avons pas besoin de leur conseil.

Anonyme il y a 2 mois

Toi tu es né con,et tu finiras CON !!!